La ville de Prague perdra l’une de ses figures marquantes du basketball féminin. Valériane Ayayi, joueuse clé qui a mené le club tchèque à la victoire en Euroleague la saison précédente, a révélé dans une interview accordée à L’Équipe qu’elle ne rejouerait pas pour l’USK Prague après sa participation à la saison de WNBA. Elle n’a pas encore précisé quel sera son prochain club, ni même si elle rejoindra une autre équipe européenne.
“Je n’y retournerai pas, mais dans un autre club. Ou aucun ! Je pourrai prendre ma décision à l’issue de la saison WNBA. C’est également en cela que l’Europe sera affectée : les clubs devront repousser la constitution de leurs effectifs – ce fut déjà le cas ce printemps – puisque les joueuses se positionneront bien plus tard. Et certaines choisiront par exemple de revenir faire une pige uniquement en fin de saison européenne,” a déclaré Ayayi.
Malgré son statut solidement établi en République Tchèque, la séparation entre l’ailière et Prague pourrait être compliquée. Sa situation actuelle compromet même son début de saison en WNBA. N’ayant pas fourni les documents requis, le club la rend pour le moment inéligible pour débuter avec le Phoenix Mercury, où elle était censée jouer aux côtés de Noémie Brochant et Monique Akoa Makani.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large au sein de l’écosystème du basket féminin, où l’Europe risque d’être de plus en plus délaissée par les stars en raison de l’attrait croissant de la WNBA. Ayayi explique : “Nous sommes en train de réaliser que nous allons bénéficier du même genre de saisons que les garçons : ils ont leur saison en NBA ou en Europe, les sélections pour ceux qui sont concernés et voilà. Jusqu’à présent, les filles enchaînaient plusieurs clubs dans la même année pour s’en sortir financièrement. Demain, nous aurons le choix. La saison américaine suffira pour celles qui souhaitent avoir du temps de repos. C’est un immense changement, qui va particulièrement impacter l’Europe : de moins en moins de grands profils y reviendront. C’était déjà le cas avec les Américaines les mieux payées, ce sera le cas avec les Européennes.”
